À propos

「 A B H R A S 」est un magazine indépendant allwear d’inspiration sartoriale, soutenu par un minimalisme de la fonction et par une écologie de la complexité.

Une vision allwear et inspirante

En gaélique irlandais, abhras désigne à la fois le filé de laine et le travail artisanal de la laine. La matière et la manière au service du beau et du bon.

Abhras s’adresse à tout le monde, à toute personne passionnée par le vêtement bien fait et désireuse d’exprimer son identité, son empowerment à travers lui. Sans distinction de genre, d’âge, d’ethnie ou de morphologie, ni modèle canonique en ligne de mire – à l’instar de l’homme blanc « bien foutu » des affiches publicitaires.

La notion de style et la pratique de la séduction, sous-tendues par la recherche de la mise idéale selon qu’on évolue dans tel milieu social, qu’on vise tel objectif ou qu’on veut paraître plus grand et mince : toutes ces réalités et contingences sociologiques ne seront jamais abordées dans nos colonnes. Sur Abhras, nous n’éduquons à rien, nous ne poussons pas non plus à la normation, nous nous contentons d’inspirer sur la base de ce qui nous inspire nous-mêmes.

Mais allwear signifie aussi wo.menswear. Si les basiques du menswear occupent une place de choix dans notre magazine, nous portons une attention particulière aux labels qui les conçoivent en adéquation avec la stature des femmes. Tout comme nous considérons avec intérêt les pièces iconiques issues exclusivement du womenswear.

Dans notre cahier des charges, nous ne recommandons généralement aucune maison présentant un gender quality gap trop important entre la ligne pour les hommes et celle à destination des femmes, que ce soit par des designs criards et vulgaires, des matières moins qualitatives ou une praticité volontairement sacrifiée.

Une esthétique sartoriale et wabi-sabi

Abhras n’est pas un magazine d’art et d’essai. Les défilés conceptuels – autant que ceux animés par la seule volonté de faire parler d’eux-mêmes – n’entrent pas dans nos considérations. Notre moteur, c’est l’esthétique, et nous soutenons que son sacrifice ne doit jamais trouver la moindre justification.

Pour nous, l’esthétique sartoriale débute avec l’appropriation et le mixage des basiques héritage des grands vestiaires du XXe siècle : qu’ils soient issus du militarywear, du workwear, du gentlewear ou du sportswear vintage, ou bien qu’ils remplissent la catégorie urbanwear par le fait de leur « civilisation ». Avant de déboucher sur une dimension wabi-sabi et sur la vision d’un objet tel qu’il prend du caractère à mesure qu’il subit le temps et l’usage.

Mais notre approche du wabi-sabisme ne se rapporte pas seulement à la patine ; elle concerne aussi le culottage, qui s’exprime chez nous à travers le vêtement à vivre, le vêtement comme compagnon d’une vie. Compagnon qui se mue progressivement en seconde peau et qui, une fois usé par endroit, se voit volontiers retouché/transformé et éventuellement assorti d’un patch ou d’un sur-piquage naïf.

Un minimalisme et une accessoirisation au service de l’usage

Le Bauhaus, le mobilier scandinave, les objets et la pensée de Dieter Rams, le slow food d’Alice Waters… comptent parmi nos grands modèles d’art de vivre. Dans le domaine sartorial comme dans l’aménagement de l’espace ou dans l’art subtil de la mixologie, nous avons à cœur de viser l’essentiel : le produit lui-même, dont la beauté simple et brute a toujours quelque part un lien avec l’usage qu’on est censé en avoir.

Les accessoires et items purement ornementaux retiendront moins notre attention. On considère qu’un objet sartorial doit toujours remplir une fonction de protection du corps vis-à-vis de l’environnement extérieur. Par exemple, une paire de chaussette rouges est certes « ornementale » par sa couleur, mais n’en demeure pas moins destinée à préserver nos pieds. En revanche, nous faisons plutôt l’économie des pochettes, nœuds pap’ et autres bracelets. Pour nous, un vêtement bien conçu, bien coupé, bien sourcé n’a pas besoin d’être « twisté ».

En vérité, plus que l’accessoire, c’est l’accessoirisation hipsterisante qui nous pose difficulté. Et, au fond, qu’on se pare d’un fédora et d’un ascot par 30°C, ou qu’on soit vêtu d’une M70 de l’armée suisse par-dessus un trois-pièces, le problème est le même : l’aspect « apparat » joue certes dans la rupture d’équilibre, mais pas plus que la non-fonctionnalité manifeste des items à l’œuvre, à laquelle s’ajoute leur éventuelle désuétude – chapeau et cravate, par exemple, n’ont plus la même fonction à notre époque ni le même impact dans une mise.

Une écologie en accord avec la décroissance et la complexité

Abhras est né en tant que blog à la suite d’une vaste réflexion sur la consommation en général, ses dérives humanitaires et environnementales, la médiocrité de ses productions, sa conception d’une value for money biaisée à tous les niveaux, etc. etc. Avec l’aide de Raj Patel et J. W. Moore (A history of the world in seven cheap things), nous avons pris conscience du fait que l’entretien bête et méchant d’une écologie capitaliste ne peut mener à rien d’autre qu’à l’anéantissement progressif du tissu du vivant et de toute forme de complexité.

Notre écologie à nous s’ancre dans un processus de dé-cheapisation verticalement intégré, du site et de son code source [en construction] aux maisons, produits et savoir-faire que nous mettons en valeur à travers nos articles. Il en résulte notre complète indépendance économique et éditoriale : nous ne sommes pas affiliés ni le moins du monde monétisés, nous travaillons en toute objectivité et nous n’acceptons aucun produit pour test avec échange de bons procédés. Notre boutique elle-même est le fruit de nos ressources, et son existence est surtout prétexte à mettre en exergue des items que nous affectionnons et avons préalablement portés et testés.

Enfin, notre travail de curation ne se limite pas aux labels capables de proposer un rapport qualité/prix correct pour le.la consommateur.rice et éthique sur la question de l’environnement et des droits sociaux. D’un côté, il intègre le vintage et la seconde main, tout ce qui existe au préalable et qui n’a pas été créé pour soi. De l’autre, il veille à mettre en lumière les démarches entrepreneuriales soucieuses de ne pas démultiplier leurs économies d’échelle, comme celles animées de la volonté de proposer une vraie alternative spécialisée par rapport à l’offre existante. Décroissance, non-concurrence, récup’, artisanat, savoir-faire en propre, shokunin sont nos vraies valeurs écologiques, contre le green washing rampant de certaines sociétés qui ne font que surfer sur la tendance bio.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer