Des pulls de mi-saison dans de belles laines

Des pulls de mi-saison dans de belles laines

Avec la baisse des températures, on s’est dit que le moment était venu d’évoquer avec vous le pull de mi-saison. Dans notre sélection, pas de grande folie sur le design : que des basiques bien faits, personnalisés et qui remplissent d’autant mieux leur fonction qu’ils sont constitués de matières superbes et très efficaces contre le froid.

Nous le savons touTEs déjà, mais il est toujours bon de le rappeler : nous devons toujours veiller à bien lire les étiquettes des vêtements qu’on achète et privilégier, autant que faire se peut, les matières 100% naturelles. Cette recommandation s’applique à tout le monde et peut-être davantage encore auA LA débutantE, qui distinguera plus difficilement un « bon blend » (par exemple, un covert coat dont l’étoffe est constituée de 80% de laine, de 5% de cachemire et de 15% de polyamide) d’un « mauvais blend » (par exemple, le même manteau constitué de 55% de laine et de 45% de polyester).

Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que les matières non naturelles sont intrinsèquement « mauvaises » ni exploitées pour de simples raisons économiques. On distinguera :

  • Les matières synthétiques (c’est-à-dire obtenues à partir de composés chimiques comme les hydrocarbures), qui ont permis l’émergence de nombreuses productions techwear de haut vol et qui servent encore couramment de renforts pour des étoffes constituées en majorité de laine (comme dans le cas de notre chesterfield et de son tout petit pourcentage de nylon) ;
  • Des matières artificielles (c’est-à-dire obtenue à partir de matières premières naturelles comme la cellulose), qui sont, quant à elles, notamment recherchées pour leur « respirabilité » naturelle et parfois pour leur bonne résistance à l’abrasion (la viscose sera ainsi souvent préférée à une soie légère pour concevoir la doublure d’un blazer, d’un manteau ou d’une veste de costume).

Cela étant dit, les matières naturelles retiennent et retiendront toujours toute notre attention sur Abhras, et tout particulièrement la laine au cours de la période qui va de l’automne aux premières semaines du printemps. De plus, si le techwear et les manteaux sont l’exception qui confirme la règle, le 100% laine reste de rigueur pour tout ce qui est pulls, cardigans, écharpes et autres bonnets. Qu’elle soit peignée, cardée, tricotée ou simplement tissée pour former une gabardine ou une flanelle, la laine recouvre un ensemble de propriétés qui confèrent au vêtement son statut de véritable seconde peau :

  • Thermorégulatrice, elle emprisonne l’air, isole et protège ainsi du froid comme du chaud ;
  • Anti-bactérienne, elle ne retient pas les odeurs ;
  • « Respirante » et hydrophobe, elle évacue la transpiration et garde au sec.

 

Si l’on a coutume d’évoquer la laine au singulier, force est de constater qu’il existe un nombre important de laines différentes. Elles se distinguent selon l’origine animale avec, souvent, un poids, une finesse et un toucher caractéristiques. La laine vierge des agneaux et des moutons anglo-saxons (notamment les moutons de race shetland) auront un toucher piquant et rugueux, tout à l’opposé des laines issues de la chèvre cachemire, de l’alpaga, de l’agneau geelong ou encore de la vigogne, beaucoup plus douces et toujours d’une extrême finesse (entre 11-12 et 20 microns de diamètre). Le mohair, une autre laine de chèvre célèbre, sera quant à lui surtout exploité pour sa légèreté et ses avantageuses propriétés thermiques. Enfin, on citera encore la laine issue du mouton mérinos, sans doute la plus intéressante en termes de rapport qualité/prix : plus lourde que du mohair, très fine et d’une douceur plus qu’honorable, elle ne pique pas et illustre au mieux les trois propriétés énoncées ci-dessus ; en outre, elle s’avère beaucoup moins onéreuse que du cachemire.

Notre sélection de pulls

Notre gros coup de cœur sera pour une collaboration entre le multi-marque ultra-pointu Frans Boone et une maison écossaise qui répond au nom de New Scott and Charters, uniquement disponible sur l’eshop du premier : il est question d’un ensemble de huit pulls de couleur différente, caractérisés par un maillage rapproché (une jauge 12 à première vue) et faits d’une étoffe en super geelong obtenue à partir d’une bobine de deux fils. Des « petites mailles » donc, dont la douceur et la finesse n’ont certainement rien à envier à celles d’un cachemire de grade A (c’est-à-dire dont le diamètre se situe au-dessous des 16,5 microns).

La maison Esk est une autre belle découverte de cette sélection. On retiendra notamment un pull tricoté à partir de poils de chameau, une matière exotique à la fois chaude, légère et solide. Faite dans une jauge comparable aux pulls précédents (avec, sans doute, un nombre de fils plus important au niveau des extrémités), la pièce se distingue aussi par son design : de loin, le col ressemble, à s’y tromper, à celui d’un polo ou à un large col de chemise ; il s’agit en vérité d’un col assez haut, à la limite du col roulé.

La ligne womenswear n’est pas en reste, elle non plus, et s’illustre notamment au travers d’une série de pulls dont l’originalité tient tant aux couleurs (plutôt vives pour la saison) qu’au design (sobre, mais non sans un léger twist au niveau de l’épaule et de la jonction avec la manche). On trouve ici une composition qui donne de la texture au vêtement : 25% de laine d’agneau extra-fine viennent adoucir l’ensemble en se mêlant aux 75% de laine shetland, au rendu plus brut.

Nous terminerons par le Britannique John Smedley et sa sélection de pulls dits unisexes. Un design sobre qui, grâce à son col, s’intègrera facilement sur une chemise, pour une matière vraiment très appréciable en termes de rapport qualité/prix : une laine mérinos extra-fine, formant ici une maille dont la jauge semble particulièrement serrée.

On le voit, l’offre en matière de pulls de mi-saison de qualité n’est pas négligeable en ce début de période automnale. Pour peu qu’on les choisisse ornés d’un léger twist (une couleur vive et claire, un constituant original,…) et faits dans une étoffe 100% laine, et il devient alors facile de bien se vêtir tout en étant protégéEs des contraintes climatiques du moment : des basiques fonctionnels, oui, mais avec de la personnalité. C’est, ensuite, à chacunE de voir le genre de laine qui lui convient le mieux, en termes de confort et/ou d’appréciation personnelle, de feeling et d’esthétique : les morduEs de workwear seront sans doute plus réceptifIVEs à la laine vierge écossaise, les personnes sensibles aux matières qui grattent au mérinos extra-fin ; quant aux adeptes de la patine et à touTEs ceuxCELLES qui aiment prendre le temps d’entretenir leurs beaux objets, yels apprécieront énormément le cachemire, dont la douceur, la teinte et la texture évoluent au fur et à mesure des lavages. Car, d’une laine à l’autre, les propriétés qui confèrent à la matière tout son intérêt fonctionnel demeurent, elles, plus ou moins inchangées.

2 Comments

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