Engineered Garments, le label nippo-américain ultime

Engineered Garments

Fervent admirateur de Daiki Suzuki, Abhras décrypte Engineered Garments. Un esprit nippo-américain pour une confection 100% new-yorkaise.

Fondée en 1999, la maison Engineered Garments propose un dressing presque complet de pièces urbanwear et adaptées aux nombreuses situations de la vie citadine. Des pièces fonctionnelles et urbaines qui se caractérisent par l’abondance de leurs features et par leur hybridité stylistique.

En digne japonais réinterprétant les grands classiques américains, Daiki Suzuki, le fondateur du label, a élaboré un vestiaire des plus authentiques, intemporels et héritage qui soient. Le tout en tablant sur une fabrication intégralement faite à New-York, lieu de vie du designer : l’occasion pour lui d’avoir un certain contrôle sur sa propre production.

La tradition du vêtement « engineered »

Le vêtement engineered peut se définir comme une pièce « conçue », « construite », c’est-à-dire caractérisée par la somme de ses détails techniques et de ses finitions. Ceux-ci faisant souvent intervenir des traditions sartoriales diverses : workwear, militarywear, outdoor apparel… voire formalwear.

Cette conception du vêtement ne concerne pas seulement Engineered Garments. Il nous semble aussi le propre de maisons comme Post Overall’s, Battenwear (pour qui Suzuki a travaillé), Velva Sheen ou encore Snow Peak. Avec une orientation sportwear davantage affirmée pour ce qui concerne les deux derniers labels.

Son empreinte stylistique métissée, qui mêle sans difficulté workwear et tailoring ou streetwear et militarywear, mais aussi sa beauté technique, regorgeant de détails parfois inutiles sur le plan fonctionnel, en font une pièce qui se suffit à elle-même. Véritable vecteur d’élégance et d’influences, le vêtement engineered se passe volontiers d’accessoires et définit presque à lui tout seul l’originalité et l’intérêt d’une mise.

Véritable obsédé du détail et amoureux du vêtement, Daiki Suzuki pousse toujours très loin ses investigations et n’hésite pas à puiser son inspiration dans des « archives sartoriales« , notamment militaires, ou dans la manière dont on travaillait le textile à des époques antérieures (comme l’illustre notre exemple de la chemise en chambray). Sans exagération, on peut passer une journée entière à admirer et à détailler l’artisanat qui est à l’œuvre dans une pièce Engineered Garments !

Une inspiration so military

Le militarywear est probablement la tradition dont Engineered Garments s’inspire le plus. Et ça n’est pas la collection automne/hiver 2016-2017 qui viendra affaiblir ce constat ! Des field jackets en tout genre, des parkas militaires, des fatigue pants et des waistcoats cargo… Nick Wooster ne demanderait pas son reste !

On ne trouvera pas seulement des grands classiques comme la M-65, mais aussi des répliques de pièces beaucoup plus confidentielles comme la M-41, la C-1 ou des chemises inspirées de l’uniforme des officiers de l’US Navy. Cela dans différentes matières, certaines adaptées pour l’hiver et la mi-saison, d’autres pour l’été.

L’ensemble est bien entendu revisité à la sauce du créateur, mais pas comme cela se fait chez Stone Island par exemple, dont l’orientation est plus « mode » : Suzuki tâche toujours de « broder » autour du patronage original, afin de rendre le vêtement le plus fonctionnel, le plus « urban military » possible. On reconnaît donc assez facilement la pièce qui a servi de modèle ; et bien souvent la création qui en découle a été épurée et pensée pour les besoins duDE LA New-YorkaisE moyenNE.

Une encyclopédie des matières traditionnelles

Daiki Suzuki n’est pas seulement un maniaque des features, il est aussi un grand dénicheur de matières. Pour bien s’en rendre compte, il suffit de détailler la sélection des pantalons de chaque saison, des plus casual au plus formal : du french terry, du double coton, du dungaree, du denim selvedge, du twill de coton, du twill de laine, du corduroy, du chevron de laine cardée, du « velveteen » (coton un peu satiné, imitation velours), de la popeline épaisse, de la laine peignée…

Avec en prime un travail sur les coupes remarquable, comme c’est le cas du post pant, notre favori, avec sa coupe carrot caractéristique et ses deux pinces. Mais, si Engineered Garments travaille beaucoup les matières traditionnelles, il se montre aussi ouvert au techwear : depuis cette saison, une doublure en primaloft accompagne chaque parka (la field comme la fishtail).

Des vêtements à vivre, à l’image de leur designer

Enfiler une pièce Engineered Garments, c’est faire montre d’élégance naturelle sans jamais prendre le risque d’être engoncéE. Chaque vêtement est conçu pour subir les affres du quotidien et du temps : il garantit à celuiCELLE qui a le plaisir de l’enfiler un ratio confort/style/durabilité optimal. Pour bien comprendre cet état d’esprit, nous vous invitons à découvrir ce court article évoquant sept jours dans la vie sartoriale de Daiki Suzuki.

Sur Abhras, on adore cette conception des choses : le vêtement comme partie intégrante de soi et comme seconde peau, et non comme uniforme, condition d’accès au style ou encore objet d’art et de collection. Une workjacket en corduroy, un fatigue pant coupe droite retroussé jusqu’à mi-mollet et une chemise 19h century en oxford éventuellement assortie d’un foulard au motif un peu fort, et vous voilà alliant style, intemporalité, confort et spontanéité.

Une ligne workaday a même été imaginée, disponible sur TheBureauBelfast. On y trouve des vestes en denim, des utility jackets, des jeans selvedge… On notera cependant que le label principal compte aussi des tabliers, des salopettes et des coverall jackets. Au-delà du vêtement à vivre, Engineered Garments conçoit donc aussi d’authentiques vêtements de travail !

Un tailoring très « Engineered Garments »

La ligne sartoriale est dans la parfaite lignée de l’esprit de la maison. On trouvera tout d’abord des vestes droites et croisées déstructurées (sans entoilage) et toujours à trois boutons – avec poches plaquées ou poches à rabat selon le degré de formalisme des modèles. Certaines même avec le pantalon assorti, l’occasion de former un joli costume. Les matières vont de la laine peignée à motif rayures craie au double coton couleur vert clair.

Les waiscoats suivent les mêmes tendances stylistiques, et certains, comme le rayures craie, permettent carrément de réaliser un trois pièces. La ligne de cravates, disponible aussi bien en cachemire qu’en velveteen ou en flanelle de coton, vient compléter l’ensemble de sa touche so engineered. Quant aux chemises, mêmes les plus formelles ne manquent jamais de twister à un endroit ou l’autre, par le col (dandy, preppy, Mao…), la poche poitrine, la confection (vintage ou plus moderne), le motif

Engineered Garments a décidé de rééditer le fameux croisé 4×2 en twill de laine, une matière au départ réservée pour la confection de certains uniformes de la police new-yorkaise. Cette année, le modèle se voit assorti d’une doublure intégrale et se trouve aussi disponible dans d’autres matières.

Un urbanwear ultra-métissé

Que l’on soit intéresséE ou non par l’univers, Engineered Garments symbolise pour nous une étape nécessaire en matière de quête sartoriale et d’amour pour le vêtement :

  • Comme mix harmonieux et éclairé de styles traditionnels de mouvance street, work, military et/ou formal.
  • Comme sape à vivre misant sur la durabilité et l’intemporalité.
  • Comme recherche d’artisanat avancé par le sourcing matières et par le travail sur les finitions.

Jamais un label n’aura su mieux réaliser ce qu’on entend par urbanwear sur Abhras. Un urbanwear qu’on souhaiterait néanmoins davantage for all : en dépit d’une ligne audacieuse et sans gender quality gap, les pièces pour le womenswear demeurent hélas peu accessibles et trop rarement mises en évidence…

Envie d’acquérir un vêtement Engineered Garments ? Rendez-vous sur TheBureauBelfast pour la quasi-totalité de la collection par saison, sur Kafka, Understudy ou Jinji pour l’une ou l’autre pièce introuvable ailleurs. Du côté du womenswear, ça se passe chez Envoy of Belfast et chez Epitome of Edinbourg.

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