Kapital キャピタル : Boro, Sashiko et autres techniques traditionnelles

Kapital

Kapital est un label japonais qui propose des pièces au demeurant difficiles d’accès, mais dont le design est historiquement au service de la fonction.

De façon un peu caricaturale, on pourrait être tentéE de rapprocher certaines œuvres de Kapital de celles d’unE créateurRICE un peu barréE. De fait, nous ne soutiendrons pas, sur Abhras, qu’un look full Kapital soit systématiquement l’idée sartoriale de l’année ! Encore que, de manière plus sérieuse, la maison contient aussi son lot de basiques pointus et de pièces connotées intemporelles.

Néanmoins, il suffit de considérer les rapports que les japonaisEs ont de tout temps entretenu avec le vêtement pour se rendre compte que l’univers du label n’est pas celui des podiums et du fast. Cela à une époque qui remonte bien avant l’influence que la culture étasunienne a pu exercer sur l’artisanat sartorial japonais. Au contraire, Kapital a en grande partie puisé son inspiration dans une tradition ancestrale où, pour des raisons économiques, le vêtement fonctionnel régnait en maître.

L’art Boro : la signature de Kapital

Pour comprendre la culture Boro, un petite page d’histoire s’impose. Le coton a longtemps été une denrée rare pour la population japonaise, qui vivait essentiellement de la culture du chanvre pour la confection de ses vêtements et de ses textiles d’intérieur. Il est d’abord importé de Chine ou d’Inde, avant d’être finalement cultivé, à partir du XVIIe siècle. Les femmes assurent alors sa production, du filage au tissage.

Hélas, le coton reste un produit coûteux et sa culture ne s’accommode que des régions les plus chaudes du pays, côté ouest principalement. Ce sont les provinces du nord qui, en raison du climat, sont les plus lésées. Pour pallier ce manque, leurs habitantes ont un jour décidé de récupérer des déchets de tissus teints à l’indigo et de les superposer entre eux dans le but de créer des vêtements de travail solides et chauds, ainsi que des rideaux, des couvertures et toute sorte de produits ménagers. L’art boro est né et est pratiqué au moins depuis 1600.

Le vêtement Boro traditionnel peut ainsi se définir comme une espèce de patchwork de haillons tout fait de bleu et destiné à un usage ouvrier ou domestique. Ce sont les femmes qui le confectionnent, le portent et, de mère en fille, assurent sa transmission. Le Noragi en est le prototype : adapté au travail dans les champs, il se décline en veste, en surchemise, en waistcoat… Chaque artisane en fabrique pour elle-même et pour sa propre famille, et destine le surplus à la vente.

C’est donc dans cette belle et noble tradition que Kapital trouve en grand partie son inspiration. Fondé en 1984, le label est l’œuvre de Toshikiyo Hirata, et se spécialise très tôt dans le denim et le japanese streetwear. Kazuhiro, le fils du créateur, assure la pérennité de Kapital avec beaucoup d’inventivité et une maîtrise toujours plus significative des savoir-faire. #Shokunin.

Quelques spécificités techniques propres au Boro : le Sashiko et le Sakiori

Boro et Sashiko vont souvent de paire dans la culture japonaise. Cela, les fondateurs de Kapital le savent très bien et n’hésitent pas à en abuser, même en dehors de la sphère Boro, comme simple motif sur un tee-shirt par exemple. Mais qu’est-ce que le Sashiko ? Il s’agit d’un point de couture avant, simple et sobre, régulier et fait d’une couleur (le blanc en général), qui décore autant qu’il renforce les différentes couches de tissus assemblés. Les motifs qu’il permet de créer vont des simples lignes parallèles aux asahona, seigaiha et autres figures géométriques minimalistes.

Un autre trait qui touche à l’univers Boro est le tissage Sakiori. Il s’agit d’une technique qui consiste à tisser entre elles des bandes de tissus déchirés, puis roulottés, avec du coton ou du chanvre en guise de fil de chaîne. Les tapis et les couvertures Sakiori sont légion dans la culture japonaise. Kapital exploite là encore un savoir-faire ancestral, mais dans une pure perspective stylistique et ornementale.

Des patchworks en tout genre

Au-delà du Boro, Kapital a fait du patchwork sa marque de fabrique. Assemblage de chutes de tissus, surcyclage de pans de vêtements existants ou patchs créés pour l’occasion ? Des soucis de traduction depuis le japonais nous empêchent de nous prononcer. Mais chaque produit est en quelque sorte unique dans sa confection.

Le sourcing est bien sûr irréprochable : principalement du coton, du chanvre et du lin de première qualité, comme pour rappeler la composition originelle et la symbolique des pièces Boro. Hirata va même plus loin en proposant des patchs originaux, certains assez dingues, et non plus limités aux haillons indigo de départ.

Du Hand Dyed Shibori pour terminer

On le sait, le travail de l’indigo est l’une des spécialités de la culture japonaise, et ce depuis longtemps. Parmi les nombreuses techniques de teinture disponibles, on trouve le Shibori, aussi appelé « tie and dye ». Cette pratique connaît diverses formes ; son principe consiste à disposer l’étoffe de telle ou telle façon avant de la tremper dans un bain d’indigo, de manière à créer des parties teintes et d’autres non. Selon la disposition imaginée par l’artisanE, cela génère toute sorte de motifs. À l’aise sur tous les plans, Kapital n’a pas manqué de donner sa propre interprétation de ce savoir-faire hautement traditionnel.

Envie de tâter du Kapital ? Rendez-vous sur les traditionnels TheBureauBelfast, BlueInGreen, mais encore UnionMade pour quelques pièces mûrement choisies pour le public occidental. Pour la ligne womenswear, ça se passe chez MillMercantile et chez EnvoyOfBelfast. Et pour davantage d’inspiration, ne manquez pas PonytailJournal et les lookbooks de sa fondatrice, Lauren Yates.

Cet article constitue un bref décryptage des techniques à l’œuvre au sein du label et n’est sans doute pas exempt d’approximations ; aussi n’hésitez pas à l’enrichir et à partager avec nous vos connaissances sur le sujet dans les commentaires.

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