orSlow ou l’art du basique vintage modernisé

Présentation

orSlow propose un dressing minimaliste à l’image de l’Amérique ouvrière et militaire d’avant les 70’s. Une confection vintage pour un confort inégalable !

Toutes les belles maisons ont leur joli story telling inspirant et porteur de rêve. Celui d’orSlow se veut plus minimaliste et direct, un peu à l’image de son vestiaire.

On sait que la société a été fondée en 2005 par Hichiro Nakatsu, et que ce dernier fut influencé dans sa jeunesse par un don que lui a fait sa mère : des salopettes handmade en denim, devenues pour lui le symbole de l’orientation générale du label dans ses aspects vintage et slow crafting.

OrSlow propose, à destination du womenswear comme du menswear, une garde-robe étendue de basiques aux coupes à peine modernisées et au confort incomparable : des pants, des chemises, des vestes de mi-saison principalement, aussi des jupes, auxquels s’ajoutent des pièces plus saisonnières comme des tees, des waistcoats ou des caps. Le tout confectionné dans un petit atelier situé dans la préfecture de Hyogo, sur shuttle loom évidemment et toujours au départ de petites laizes.

Comme Tsujimoto et tant d’autres maîtres-artisanEs japonaisES, Nakatsu est un archiviste. Il possède notamment une impressionnante collection de Big E, dont il s’inspire allègrement pour la confection de ses produits. Chez orSlow, on trouvera assez peu de répliques de vêtements d’époque au sens strict, et quantité de reproductions modernisées et plus ou moins librement inspirées. Quelques pièces au parti pris plus fort, quoique toujours animées par les façons d’antan, viennent encore compléter l’ensemble.

Les grands classiques du militaria et du workwear ni plus ni moins

Tout d’abord, classiques parmi les classiques, il y a les denim jackets, de la type I à la trucker. En « one wash », en « two year wash », en « real used ». Il n’est pas toujours facile de savoir exactement quel traitement a subi chaque toile. Mais la reproduction, elle, est plutôt fidèle : les types I et II conservent leur coupe boxy et toutes leurs features habituelles (pattes de serrage, poches à rabat rectangulaire…), tandis que la type III, plus fittée, n’est pas dotée de poches latérales, conformément au modèle originel des années 60.

Ensuite, il y a les coverall jackets, chore shirts et autres utility pants. Nakatsu revisite notamment deux modèles emblématiques de vestes de travail américaines dans un « neppy denim », qui rappelle les toiles Resolute et leur aspect fluffy :

  • L’une datant des années 40, montée comme une chemise et constituée de 3 poches et 4 boutons.
  • L’autre, à la construction plus complexe, créée dans les années 50, épaules raglan, triple stitch et dotée de 4 poches et 5 boutons.

Nakatsu aurait trouvé l’inspiration dans ses archives, précisément chez J.C. Penney Co., un label d’époque qui fabrique des chore jackets certifiées Union Made Sanforized.

Signifiant « fait aux États-Unis par une main d’œuvre syndiquée », la mention Union Made se retrouve sur les étiquettes de nombreuses vestes d’époque, accompagnée du terme « Sanforized » indiquant que la matière est résistante au shrink. On trouve encore nombre de ces labels oubliés, sur Esty ou sur des blogs spécialisés comme Vintage workwear : outre PayDay de J.C. Penney, OshKosh, Drum major et tant d’autres.

Côté chemises et pantalons de travail, orSlow n’est pas en reste sur ce plan non plus, proposant aussi bien des chemises triple stitch que des western shirts, des painter pants que des french work pants. Le choix des matières est à l’image de l’univers stylistique proposé : du denim used, différents chambray (dont le blanc), de la flanelle… pour les chemises ; du canevas, du broken twill, pléthore de denims… pour les pants.

Sur le militarywear, on a là encore l’embarras du choix : moult cargo et fatigue pants, des chinos vintage, des field shirts, des jungle et combat jackets… Tout cela conçu dans du sateen, du ripstop, du chevron… Avec des teintures aussi diverses que le used green, le washed kaki, le « OG107 » (le fameux US army green !) ou encore le « khaki »/tan, et la liste n’est pas finie.

Ici encore, on trouve de nombreuses créations inspirées du catalogue personnel de Nakatsu. La patte est clairement traditionnelle et vintage, mais les pièces quelque peu adaptées aux usages de maintenant. Au niveau de la coupe notamment, mais aussi des finitions : on l’a déjà dit, Nakatsu n’est pas Tsujimoto ; il ne fait pas de la réplique pure et dure une obsession, et reste principalement un créateur de vêtements contemporains usant et abusant des façons et des représentations d’un passé qui n’est pas encore métastasé par la consommation de masse.

Il y a quelques saisons, orSlow rééditait aussi la M-43. À première vue, le design est conforme au modèle : les features sont là, dont l’exclusive fermeture à bouton – un zip supplémentaire apparaîtra avec la M-51 -, mais la matière diverge par la présence d’une doublure en laine à motif pied-de-poule et d’une shell en twill qui vient remplacer le traditionnel sateen.

Mais, comme pour la trucker ci-dessus, il arrive aussi que le créateur d’orSlow élabore des produits difficilement distinguables des originaux. La jungle jacket de type III sortie la saison P/E dernière en est un bel exemple : en ripstop et structurée sans patte d’épaule ni bouton apparent au niveau des poches, elle illustre une reproduction assez fidèle du modèle de la fin des années 1960

Du Big E chez orSlow : une riche sélection de pants 5 pocket

À notre connaissance, on trouve, non pas deux comme on le lit souvent, mais trois coupes de 5 pocket chez orSlow :

  • La 107, ou Ivy fit, qui est droite et ajustée ;
  • La 105, ou regular fit, qui, toujours droite, se veut plus loose, avec une jambe moins structurée ;
  • La 101, ou baggy fit/dad’s pant, qui, encore plus large et déstructurée que la précédente, se dote d’une fourche particulièrement basse.

Le choix en matière de toiles est vraiment représentatif de l’univers sartorial ouvrier de l’après-guerre occidental. On trouve du selvedge unsanforized de 13,5oz d’épaisseur en onewash, en one/two/three year wash, ainsi que du 14oz sanforizé pour le baggy fit. Outre l’indigo, des teintures en blanc, mais encore en fade black sont aussi réalisées – l’offre est suffisamment rare pour être signalée. Le délavage opéré n’est pas uniforme et présente des fades aux endroits stratégiques comme les cuisses, les genoux ou la zone qui entoure la braguette.

Chez orSlow, tous les denims selvedge teints à l’indigo présentent un liseré de couleur blanche. Cela peut paraître anodin, mais il faut savoir que le liseré coloré n’est apparu qu’à partir de 1927, au moment où Levi’s, qui se fournit alors exclusivement chez Cone Mills, se pare d’un 10oz red line. Avant cela, le blanc était la norme (© Heddels).

On trouve beaucoup d’avis divergents sur l’origine du 107 denim. CertainEs le rattachent au 501 de 1954, d’autres au 501 de 1966 ou encore au 505. On a pu établir une comparaison avec chacun des trois modèles de chez Levi’s, d’où il ressort à la fois des points de convergence et des points de divergence. Car, ici encore, orSlow s’inspire à défaut de reproduire. Mais détaillons plutôt l’anatomie du 107 :

  • Bouton de fermeture en copper et braguette zippée ;
  • Rivets en copper oxydé ;
  • Bartack comme renfort pour les poches arrière ;
  • Poche ticket selvedge ;
  • Single chainstitch au niveau du waistband et de l’ouverture de jambe ;
  • Patch en papier ;
  • « V-stitch ».
  • Passant centré sur l’arrière.

Le 107 denim a clairement une coupe similaire au 501 66 – droite, ajustée et plutôt courte -, mais des finitions bien différentes, sauf en ce qui concerne les bartacks et le patch en papier. Par rapport au 501 de 1954, la ressemblance tient au niveau de la coupe – au moins en partie – et de certaines finitions comme le zip, le V-stitch et le single chainstitch, mais non au niveau du bouton de fermeture – en métal -, du patch – en cuir – et des rivets – cachés.

Quant au 505, il présente une coupe carrot et n’a de commun avec le 107 que le zip, le bouton en copper, les bartacks et le patch en papier. En fait, si l’on devait oser une comparaison entre les finitions d’un denim orSlow et le 501 de 1966, on se pencherait plutôt sur le baggy fit : hormis la question du zip, il est sans V-stitch, et constitué du paper patch, des bartacks et du double point de chaînette. Hélas, n’ayant pas de 101 sous la main, on ignore tout de la poche ticket, selvedge ou bien chainstitch…

Le bedford est l’autre toile prisée par Nakatsu. On le trouve en écru, en gris, en beige, en brun moyen ou foncé, en olive… Il s’agit d’un corduroy à fines côtes qui trouve aussi son origine chez Levi’s, dans les années 1960. Ici dotée de 20% de nylon pour une robustesse accrue, elle habille le Ivy fit et dispose toujours du patch en papier, des rivets oxydés, du bouton de fermeture en copper et du zip.

Dans le cadre d’une collaboration avec Beams – ligne Boys –, Nakatsu a également réédité l’un des tout premiers jeans imaginés exclusivement pour les femmes : le fameux Levi’s 701, célèbre pour avoir été porté par Marilyn Monroe. Baptisé 701zbb, le pantalon en question en est une version fifties a priori constituée des finitions d’origine, de la fermeture zippée au patch en papier, et dans un selvedge léger d’environ 10oz. Mais l’information sur le renfort des poches arrière, à rivets cachés chez Levi’s, nous fait encore défaut…

Un peu de damaged et de tradition japonaise pour terminer

OrSlow ne se contente pas de délaver et de poncer ses denims, mais leur fait également subir toutes sortes de traitements visant à les altérer et à donner une impression de vécu. Par de la peinture blanche et des rips en tout genre notamment. Les rivets et boutons oxydés participent aussi de cet amour pour la patine et l’usure contrôlée : on en revient au wabi-zabi une fois encore…

Assez confidentielles également, quelques pièces aux accents japonais bien marqués, dont un magnifique waistcoat illustrant la technique du sakiori ou des tees à coupe kimono et teints à l’indigo. Et d’autres comme sorties directement du laboratoire de Daiki Suzuki, avec la série des New Yorker pants à motif floral. À cheval entre culture traditionnelle et monde hipster contemporain, elles raviront aussi pour leur confort incomparable.

Où se fournir en produits orSlow ?

Si la réponse peut paraître évidente pour les hommes, à savoir : dans n’importe quel curated menswear shop digne de ce nom !, pour le womenswear, la quête peut s’avérer plus compliquée. On citera trois e-boutiques, toutes situées au Royaume-Uni :

Et si les frais de douane ne vous font pas peur, vous avez encore la possibilité de tenter Rakuten et Buyee, où l’on trouve à peu près tout, dont certaines raretés qui ne sont même pas vendues en Occident.

Envie de découvrir d’autres labels sentant bon le parfum du vintage d’après-guerre ? Redécouvrez sans tarder notre review de Leno & Co, du orSlow exclusivement féminin !

 

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