Resolute denim : rencontre avec Monsieur Hayashi

Resolute

Abhras a rencontré un véritable sensei du jean : Yoshiyuki Hayashi. L’occasion d’analyser son label, Resolute, jusque dans les moindres détails sartoriaux !

Quand on évoque Hayashi-san, on pense avant tout à Denime, membre du fameux Osaka Five : un groupe de cinq labels japonais ayant contribué à la renaissance du jean de qualité vers la fin de la période des Trente Glorieuses.

Fondée en 1988, Denime est la seconde maison à opérer cette renaissance. Elle se caractérise par son traditionalisme et son goût pour la réplique fidèle des modèles iconiques de Levi’s. Dimension que l’on retrouvera aussi chez Resolute, l’autre maison créée par le maître d’Osaka, en 2010.

Heddels consacre tout un article à l’histoire du groupe d’Osaka, qu’il détaille label par label parmi lesquels :

  • Studio d’Artisan (1979), connue pour ses expérimentations en matière de délavage, comme l’acid-wash par exemple ;
  • Evisu (1991), la plus street avec ses fameuses « ailes de mouette » placées sur les poches arrières ;
  • Fullcount (1992), la première à travailler sur du coton longue fibre (Zimbabwe) et sur des grammages lourds ;
  • Warehouse (1995), son souci pour la réplique améliorée et ses aspirations technologiques, notamment pour tout ce qui est stitching.

Hayashi abandonne finalement Denime, et la société est rachetée par Hitoshi Tsujimoto. Les fameux modèles WWII, qu’on retrouve dans le catalogue 2017 de The Real McCoy’s sous le label éponyme, en portent notamment le sceau et sont actuellement disponibles à la vente chez Son of a Stag. Néanmoins, Hayashi nous a fait savoir que, quand il a repris du service avec Resolute, il a eu certes à cœur de renouer avec l’esprit de Denime, mais non sans avoir tiré profit de certaines approches plus récentes en matière de confection.

Resolute : une confection de puriste au bénéfice d’une micro collection

Resolute reprend donc à son compte le concept qui a fait la notoriété de Denime : reproduire de la manière la plus fidèle possible les intemporels de chez Levi’s, tout spécialement le 501. Une production qui se fait, non plus à Osaka, mais à Okayama, la capitale mondiale du denim, au sein d’une manufacture qui emploie actuellement une trentaine d’artisanEs spécialiséEs, touTEs japonaisEs. Union Special pour les coutures en point de chaînette et Atu Mesu pour la confection des boutonnières sont à compter des machines qui équipent la factory de Monsieur Hayashi.

Quant à la toile, évidemment conçue sur shuttle loom, elle est réalisée dans un selvedge à liseré orange de 13,13 à 14 oz d’épaisseur (selon le modèle et le traitement subi par la matière), et teinte à l’indigo selon la méthode dite rope dyeing. Le coton est sourcé à divers endroits (USA, Chine, Égypte aussi…) et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas sélectionné pour la bonne longueur de ses fibres : Hayashi est clair sur ce point, seules les courtes fibres l’intéressent afin de permettre à la matière de développer tout son potentiel duveteux ou fluffly.

Une toile est dite rope dyed lorsque les fils qui la constituent ont été enroulés sous forme d’une corde, puis plongés brièvement dans des bains successifs d’indigo. Il en résulte une matière partiellement teinte, et qui se délavera plus promptement que si elle avait été colorée en profondeur.

Tout cela à l’œuvre au sein d’une collection pour le moins restreinte puisqu’actuellement, Resolute propose, ni plus ni moins, quatre modèles de jean. Trois sont des variations autour du 501, l’un est un 505, et tous sont disponibles en brut ou en one wash. L’occasion pour le designer de se concentrer sur l’essentiel et d’exercer son œil shokunin : une belle confection et des designs intemporels, avec une histoire riche, au service de la polyvalence.

Attention, le sizing est à la japonaise : ça taille donc petit ! Mais l’échelle est large et devrait pouvoir contenter beaucoup de monde, dans le menswear comme dans le womenswear : le waist va du 26 au 40, et la longueur du 29 au 36, ce qui est plutôt rare. L’européenNE downsizera volontiers d’une à deux tailles, si yel souhaite porter le pantalon ajusté.

Le 710 ou la reproduction fidèle du « 501 66 model »

On commence par le modèle de base de Resolute, avec sa coupe bien droite et parfaitement intemporelle : le 710 comme version fidèle du 501 des années 1960, jusque dans les plus petits détails. La matière tout d’abord, fluffy, non sanforizée, de 13.75 oz en brut et de 14 oz en rinsed. Et les finitions ensuite :

  • Braguette et fermeture à 5 boutons en métal ;
  • Rivets en métal ;
  • Bartack comme renfort (en lieu et place des hidden rivets) ;
  • Poche ticket et ouverture de jambe avec couture en point de chaînette ;
  • Double chainstitch au niveau du waistband ;
  • Patch en papier (et non en cuir) ;
  • Absence de « V-stitch » à hauteur du bouton de fermeture.

Le 711 comme déclinaison inspirée des « 501 XX model »

Le second modèle de Resolute est un XX model, appellation qui renvoie aux différentes métamorphoses qu’a connues le 501 depuis 1933 jusque dans les années 1950. Celui-ci, avec sa coupe très droite et plus large encore au niveau des cuisses que le précédent, se rapproche du 501 de 1955. La matière, toujours non sanforizée, a subi une teinture légèrement plus profonde, et le grammage se veut plus léger : 13.13 en brut et 13.5 en one wash. Quant aux finitions, elles dénotent sur de nombreux points :

  • Rivets en copper ;
  • Hidden rivets comme renfort ;
  • Poche ticket avec liseré selvedge ;
  • Single chainstitch au niveau du waistband ;
  • Patch en cuir ;
  • L’off-set center loop ou passant décentré sur l’arrière ;
  • Présence d’un « V-stitch » à hauteur du bouton de fermeture.

Le 712 ou la reproduction fidèle du 505

Le troisième modèle de Resolute n’est autre que le 505, avec sa coupe carrot. La matière est sanforizée cette fois, mais le grammage identique au 710. De même concernant les finitions, qui diffèrent du modèle de base par la présence d’un zip à la place des boutons, et d’un top button en copper. Il faut savoir que les toiles unsanforized s’accomodent mal d’un zipper fly, du fait du risque de shrink.

Le 713 comme réinterprétation du 710

Le dernier modèle de Resolute est l’exact portrait du 710 à une nuance près : le rise a été réduit, pour une fourche moins profonde et donc une taille plus basse. Il y a donc un bouton de moins à hauteur de la braguette. Hormis cela, matière et finitions sont en tout point identiques au 66 model.

Maintenant, où se fournir en jeans Resolute ?

Début juin 2017, Monsieur Hayashi et son équipe ont commencé leur tour de l’Europe par le shop de Frans Boone et nous ont confié vouloir s’étendre progressivement sur le continent, direction Paris tout d’abord, puis quelques villes en Allemagne et en Italie. Hélas, on ne renseignera que trois boutiques actuellement :

Envie de découvrir l’univers obsessionnel du garment intemporel japonais et de la réplique sartoriale ? Rendez-vous sur nos colonnes consacrées à The Real McCoy’s et à Danton.

 

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