Neckerchief bandana : retour sur une pièce workwear iconique

Neckerchief bandana : retour sur une pièce workwear iconique

Neckerchief bandana : origines, mutations, motifs et sélection. Retour sur une pièce iconique et polyvalente du vestiaire workwear.

En coton japonais ou en twill de soie, porté avec une bague de foulard ou en square not, le bandana est l’accessoire urban-workwear incontournable. À l’origine, c’est la cravate des classes ouvrières, forgerons, fermiers, marins, cow-boys. Retour sur une pièce iconique et polyvalente.

Histoire du bandana, origines et mutations

Dans un passé récent, on associe l’origine du bandana aux cow-boys de l’Ouest américain. Mais son histoire remonte plus loin, et le fameux carré de coton a aussi été largement porté par les agriculteurs, les marins, les mineurs ou les ingénieurs de chemin de fer. Le bandana est une pièce workwear traditionnelle qui sert à éponger le front, mais aussi à protéger les voies respiratoires contre la poussière et la saleté.

Origines et émergence du bandana

Le mot bandana remonterait au sanskrit badhnati, signifiant littéralement à nouer. Le terme aurait été anglicisé au cours du 18e siècle, au moment où son usage gagne l’Angleterre puis le Nord des États-Unis sous l’influence du commerce maritime et des colons espagnols. Négociants étrangers et paysans sevillans portent alors le bandana noué en foulard autour du cou ou sur la tête.

Au 19e siècle, la ville de Paisley, située dans les Lowlands d’Écosse, devient le centre de confection majeur du célèbre carré de coton, au point de donner son nom au motif traditionnel du bandana, encore aujourd’hui parmi les plus répandus. Ses usines de tissage  montent dans le train du développement rapide de l’industrialisation, et sont parmi les premières à adopter les métiers Jacquard. Le fameux motif iranien cachemire devient le motif paisley et se décline sur des bandanas rouge, bleu ou noir.

Le bandana : construction du mythe

C’est à l’aube du 20e siècle que le bandana devient un accessoire populaire, et connaît ses premières mutations avec des impressions à l’effigie des présidents américains, au service des campagnes électorales ou illustrés de trophées de chasse, d’images populaires, puis de messages patriotiques pendant la Première Guerre Mondiale.

Au cinéma, les films de cow-boys construisent le mythe. Le bandana protège les héros intrépides des tempêtes de sable, et des poussières des sentiers de l’Ouest Américain. Il devient une pièce iconique, tout en flirtant avec le monde du crime, the wrong side of the law.

Au cours du 20e siècle, il sera ensuite adopté successivement par les musiciens, les gangs, la communauté gay, les motards, les ménagères, les ouvriers. Dans les années 30, le bandana rouge est l’insigne des mineurs, surnommés rednecks par métonymie. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le bandana fait aussi partie du vestiaire workwear des Women Ordnance Workers (WOW), employées civiles du corps d’artillerie de l’armée américaine : il est porté rouge à pois blancs, noué sur la tête.

Le fashion statement du bandana

Dans les années 50 et 60, le bandana varie ses usages : foulard, mouchoir, bandeau de tête. Il devient une véritable déclaration de style, fashion statement. Dans les années 70 à San Francisco, la communauté gay l’utilise comme un signe de reconnaissance. Porté dans la poche arrière, sa couleur et sa position renseignent sur les préférences sexuelles. À la scène, ce sont les musiciens de jazz et de rock qui adoptent le carré de coton.

Noué sur la tête, nœud devant ou derrière. Dans les années 90, le bandana intègre les codes du streetwear et du gangsta rap avec une nouvelle iconographie : têtes de mort, logos de marque, motif camo et dessins tribaux. Chaque gang a sa couleur, son motif.

Depuis le milieu des années 2000, ce sont les hipsters qui font revivre la pièce iconique. Évidemment dans son acception workwear traditionnelle. Les labels américains pointus et les japonais rivalisent de créativité avec une recherche énorme sur les matières et les motifs. Voici une petite sélection personnelle pour renouer comme il se doit avec le bandana.

Sélection bandanas : trois modèles iconiques

Bandana paisley, le selvedge

Une des plus belles réinterprétations du motif paisley est signée Clothiers Ekamai. Le label du shop curateur Onion propose un bandana au motif traditionnel en coton japonais made in Okayama finition selvedge, avec le fameux liseré de couleur rouge et lavé à l’indigo.

Bandana motifs japonais, le sakura 桜

Le designer et illustrateur japonais Asaka Midorikawa (a.m.b.k.) basé à Brooklyn signe une série limitée de bandanas motif sakura, fleur de cerisier. Le sakura 桜 compte parmi les patterns japonais les plus populaires, symbole du renouveau du printemps. Ces bandanas sont produits dans l’une des plus anciennes usines textiles d’Okayama, Nihon Menpu. Spécialisée dans le denim et le coton de haute qualité, Nihon Menpu utilise des techniques de tissage et de teinture datant du début des années 1900.

On retrouve plusieurs déclinaisons du motif sakura chez Kiriko, imprimés sur un coton japonais et manufacturé à Portland, Oregon. Spécialiste des tissus japonais vintage et des teintures naturelles dyeing, le studio Kiriko Made travaille ses produits à la main et selon des techniques de confection ancestrales qui remontent à l’époque d’Edo (1600-1866) : patchworks boro, teintures à l’indigo ai-zome, tissages ikats kasuri.

Bandana sérigraphié, le souvenir

Comme Kiriko, Knickerbocker Mfg. Co. est né d’une forme d’instinct de préservation pour les techniques de confection traditionnelles comme en témoigne son authentique processus de production en tricot tubulaire. Créé en 2013 à New-York, le label tisse littéralement dans ses tissus des pans entiers de l’histoire américaine : Grande Dépression, militarywear des années 40 et 50.

Pas étonnant que sa série de bandanas illustrés par Ben Kocinski soit baptisée Souvenir. Elle est directement inspirée du Nose art et de ses peintures de guerre aposées sur les avions militaires dès la Première puis la Seconde Guerre Mondiale. Les sujets les plus fréquents étaient des pin-up, des personnages de bande dessinée ou la fameuse gueule de requin en dessous du poste de pilotage.

Bandanas : 4 autres bonnes adresses

  • The Hill-Side – bandanas en chambray selvedge
  • Gamine Workwear – bandanas en coton Khadi designed in the field
  • A Piece of Chic – bandanas en soie ou coton japonais, fabriqués à Lyon
  • rospindigo – bandanas vintage authentiques

Vous connaissez d’autres valeurs sûres en matière de bandanas ? Partagez vos bonnes adresses avec nous !

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