Centreville Store : des basiques casual et du streetwear

Centreville Store : des basiques casual et du streetwear

Abhras a rencontré les fondateurs de Centreville Store, une boutique bruxelloise de vêtements casual qui respire bon l’univers streetwear.

Centreville Store, c’est avant tout Jérémy et Nicolas, deux véritables geeks du vêtement et deux entrepreneurs passionnés au service d’un modèle économique dédié à la qualité. En à peine deux années d’existence, leur boutique a su réunir une sélection de pièces de tendance streetwear issues des quatre coins de l’Europe et du monde.

Des basiques menswear casual, certains plutôt pointus et issus de belles maisons traditionnelles, mais pas que : on trouve encore quelques labels qui sortent leur épingle du jeu en termes de travail de création et de design.

Des basiques mainstream de qualité…

Certaines enseignes se vendent plus que d’autres, en raison d’une histoire plus ou moins longue, remplie d’anecdotes et de changements de stratégie, et d’une communication toujours prompte à en pointer le potentiel vintage et héritage. À titre d’exemple, le large public amateur de Chuck Taylor, de sweat Champion et de leather jacket Schott trouvera son bonheur chez Centreville, d’autant que les pièces sélectionnées ne sont évidemment pas celles que l’on trouvera dans n’importe quel magasin de Bruxelles.

L’amateurRICE de streetwear un peu suranné appréciera tout spécialement cette étonnante collaboration entre Champion et le géant japonais Beams. On mentionnera leur bomber en french terry doté de détails quelque peu engineered, ainsi que leurs hoodies sans manche qui rappellent l’univers sportwear de la boxe.

…aux basiques traditionnels et à la mode scandinave

Centreville accueille également des maisons traditionnelles et pérennes comme Armor Lux ou Merz b Schwanen, dont on ne présente plus le savoir-faire en matière de confection sartoriale. Nous avons notamment pu apprécier une jolie sélection de henleys qu’on ne trouve pas sur tous les eshops du monde…

Un autre intervenant dans la sphère des basiques traditionnels est le japonais Still by Hand, qui, comme son nom le laisse entendre, conçoit ses pièces selon un grand savoir technique (avec notamment un travail de la maille remarquable). C’est dans ce genre de choix que se distingue véritablement le travail de Jérémy et de Nicolas, désireux d’insérer dans leur curation des labels pointus, confidentiels et difficilement trouvables en Europe.

Plus streetwear, les basiques de chez Libertine Libertine raviront le plus grand nombre pour leur sobriété et leur accessibilité. Quant aux personnes souhaitant pousser plus avant leurs investigations sartoriales, yels se tourneront plutôt vers Norse Project, le label généraliste préféré des fans de minimalisme à la Scandinave et de produits au sourcing et aux finitions impeccables.

En passant par un streetwear plus créateur

Centreville Store, c’est également une équipe d’amis qui savent et aiment se faire plaisir en misant sur des labels qu’ils ne porteraient pas forcément au quotidien. Le genre de dressing qu’il faut pouvoir assumer, sous peine de se retrouver comme déguiséE et en représentation. C’est un poncif, mais qu’il est toujours de rappeler de temps en temps : peu importe le degré de complexité d’un style, pourvu qu’il soit l’exact reflet de qui l’on est au moment où on l’arbore.

Drôle de Monsieur, une maison française qui réalise un énorme travail sur les coupes, fait partie de cet univers streetwear un peu exclusif sur le plan stylistique, avec ses tee-shirts oversized épais, ses baseball shirts et autres coach jackets à rayures assortis au pantalon, ses kimonos dotés à la fois d’un zip et d’un cordon de serrage… Autant de créations de facture plutôt déconstructionniste qui nous semblent se rapprocher du mouvement Dark, d’autant que le contraste blanc-noir et les teintes sombres et anthracite y occupent pas mal de place.

Le jeune label français Futur surprend quant à lui par son travail sur les associations de couleurs, par son exploitation des couleurs saturées, mais encore par son géométrisme. Que des pièces streetwear et casual en congruité avec leur appellation : il suffit d’admirer la structure du patronage de certaines vestes ou encore le travail sur la typo du logo, sans empâtement.

Vient ensuite la célèbre maison italienne Stone Island, dont Centreville a sélectionné les pièces les plus polyvalentes et streetwear. Des hoodies, des sweats, des jackets en tout genre, mais toujours avec ce petit twist qui vient apporter de la saveur à l’ensemble. Cela jusqu’au logo lui-même, fixé au niveau de la manche par deux boutons et donc parfaitement amovible (pour les moins modeuxEUSES d’entre nous !).

Mais qui dit streetwear dit forcément… sneakers ! Chez Centreville, on ne dénichera pas de sneakers qui défilent (pas de Lanvin, Margiela ou RAF Simon à l’horizon), mais des chaussures au profil plus minimaliste (et au meilleur rapport qualité/prix !). Même National Standard n’y trouverait pas sa place : le design se veut plus épuré encore, en mid ou en low, à l’image d’une bonne vieille paire de Common Project. Outre Converse pour l’entrée de gamme, on citera Buttero, ETQ Amsterdam et les newyorkaisEs de chez Number 288. Trois maisons qui ne jurent que par Margom, la Roll’s des semelles.

Un streetwear moderne et ouvert au workwear, au militarywear et à l’urban techwear

Le streetwear a bien évolué depuis l’époque du Wu Tang Clan. Désormais, il insère par petites touches des éléments issus d’autres traditions sartoriales misant sur le confort et la fonctionnalité. Jérémy et Nicolas ont bien compris cette réalité : ils n’hésitent pas à intégrer dans leur curation l’une ou l’autre field jacket de chez Aspesi, battle waistcoat de chez Universal Works, lumberjack shirt de chez Saturdays NYC, le tout mixé avec une splendide paire de Buttero aux tranches bien brutes et aux lacets de cuir.

Oscillant entre esprit workwear et pièces facilement intégrables dans un contexte urbain et street, on trouve encore la maison allemande A Kind of Guise. Elle propose un vestiaire complet et table sur un sourcing international (reconnaissable par son étiquette, qui change selon le lieu d’où provient la matière). On apprécie la manière dont le label revisite certains items comme la parka ou la popover, ainsi que l’étonnante diversité des matières (techniques et traditionnelles).

Du streetwear au sportwear, il n’y a souvent qu’un pas. Non pas forcément en termes de design, mais surtout en termes de fonctionnalité (matière et technicité). On parle de plus en plus de urban techwear à l’heure actuelle pour désigner une mise à la fois minimaliste et fonctionnellement adaptée à la vie professionnelle – avec ses changements de température du métro à la rue, ses éventuels voyages de par le monde, son stress et les effets que cela engendre au niveau de l’organisme… Il faut ajouter qu’avec les changements climatiques que nous connaissons, il devient de plus en plus difficile de se passer d’une bonne shell à la fois respirante et imperméable. Même si des alternatives traditionnelles et particulièrement efficaces existent toujours.

Situé entre Rains (voir notre avis) et Stutterheim, selon Jérémy, le label danois Elka est l’entrée de gamme techwear de Centreville. La matière n’est pas folle, l’indice RET sans nul doute très largement supérieur à 6 (!), mais à ce prix et à ce niveau de finitions, on ne fera certainement pas leLA difficile. D’autant que le design très brute et sans fioriture en fait une pièce qui s’intègrera facilement dans tout type de tenues, des plus formal au plus casual.

On passe ensuite directement au haut de gamme, avec des maisons prestigieuses comme The North Face Red Label (l’équivalent européen du Purple Label) et… Nanamica ! Pour des items au design moins versatile, mais beaucoup plus travaillé (du urban tailoring au militarywear), et aux finitions et matières incomparablement supérieures (coutures étanches, shell brevetée avec le bon rapport entre déperlance/imperméabilité et respirabilité…).

Autre nouveauté techwear, les tee-shirts Halo, une maison danoise sportwear. Tout spécialement conçus pour la pratique sportive, ces tees ont un toucher proche du coton, mais sont en vérité constitués d’un polyester technique très respirant et qui évacue incomparablement mieux l’humidité. De très bons basiques casual, avec épaules raglan.

Les accessoires : des indispensables streetwear

On termine naturellement avec les accessoires, et là encore on n’est pas déçu du choix proposé. Des ceintures tressées Anderson’s, des solaires Han Kjobenhavn, des cabas Mismo de toute beauté et autres backpacks signés Nanamica (en paracorde ou en Cordura)… Que du beau, du solide et du fonctionnel.

Moins faciles d’accès, les couvre-chefs Béton ciré, entre bonnet breton et casquette traditionnelle, manifestent l’essence même de l’esprit Centreville Store : du streetwear agrémenté d’esprit workwear pour une sélection hors du commun.

Un esprit concept store au service d’une culture urbanwear

Centreville Store a tout d’un concept store :

  • Par le choix des labels, où regorgent de nombreuses exclusivités ;
  • Par l’extrême cohésion de l’univers stylistique et culturel imaginé ;
  • Par la décoration de la boutique physique, où chaque tringle dégage le parfum d’une fragrance Le Labo spécialement choisie, et par sa touche un peu scandinave ;
  • Par son échelle économique, ni trop petite, mais ne disposant pas non plus de moyens colossaux.

Une enseigne qui se situe donc très loin de ce qu’on entend traditionnellement par supermarché du style, même du genre dédié aux maisons de qualité. Elle se démarque ainsi par de nombreux aspects de son concurrent direct qu’est le néanmoins très intéressant PriveJoke, situé non loin de là.

S’il est un terme qui nous semble définir au mieux la curation et le travail global de Jérémy et de Nicolas, dans toute sa profondeur et son métissage, ça serait urbanwear, finalement plus englobant et moins restrictif que le terme streetwear. D’ailleurs, lorsqu’on demande à Jérémy s’il se sent prêt à élargir sa sélection vers une autre grande tradition sartoriale de cette mouvance, celle des labels nippo-américains qui font dans le vêtement engineered (Engineered Garments, Post Overall’s, Snow Peak, sans oublier l’excellent Battenwear), celui-ci nous répond sans trop hésiter qu’il va se mettre prochainement à approfondir la question.

Pourvu qu’elle reste dans ce même esprit de découverte et qu’elle ne se fasse pas rattraper par des soucis d’ordre économique (dans un sens comme dans l’autre), Centreville Store n’a donc certainement pas fini de nous surprendre. Une affaire que nous suivrons en tout cas de très près sur Abhras.

Rendez-vous au 36 de la Rue des Chartreux à Bruxelles ou sur l’e-shop de Centreville Store. Et pour un peu d’inspiration, ne manquez pas leur lookbook sur Instagram.

IntéresséE par ce genre de curation pointue et d’univers stylistiques métissés ? Centreville présente pas mal d’accointances avec Frans Boone Store.

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