La lumberjack shirt : un essentiel workwear

La lumberjack shirt : un essentiel workwear

Paul Bunyan, bûcheron bien connu de la culture américaine des années 1920 a fait de la chemise à carreaux en flanelle rouge et noire un véritable mythe. Dès le début de sa légende, il est vêtu de cette célèbre lumberjack shirt. Décryptage d’un essentiel workwear.

Originellement, les bûcherons américains portaient également des chemises hickory en sergé de coton ou twill fait d’un tissage particulier entre les fils de chaîne (verticaux) et les fils de trame (horizontaux) et réputé pour sa robustesse et ses priorités isolantes. Ces chemises hickory, reconnaissables par leur motif à rayures, sont attestées dès 1900 dans le dressing workwear américain. Bûcherons et forestiers privilégient alors les couleurs vives pour garantir leur visibilité.

Mais c’est le célèbre modèle en flanelle ou plaid à carreaux rouges et noirs qui va s’imposer, au point de devenir la pièce de vêtement traditionnelle des bûcherons. Son tissu est duveteux et épais – en laine sergée ou cardée – et assure une résistance à toute épreuve nécessaire pour supporter les conditions de travail parfois très difficiles de l’industrie forestière à la fin du 19e et au début du 20e siècle. En 2013, malgré les progrès techniques réalisés en matière de sécurité et l’amélioration des conditions de travail, le métier de bûcheron est toujours reconnu officiellement comme le métier le plus dangereux et le plus mortel aux États-Unis.

La lumberjack shirt : une pièce emblématique

Dans l’imagerie populaire, le bûcheron symbolise dès l’origine une forme idéalisée de la masculinité. Dépensant une paie largement méritée dans les bars et les bordels environnants et cherchant facilement la bagarre, Paul Bunyan en est lui-même l’archétype : signe de ralliement à cette fraternité masculine et emblème de la puissance américaine, la lumberjack shirt fait très vite son entrée dans l’industrie de consommation et les médias.

En 1916, le publicitaire William Laughead dirige une large campagne destinée à la Red River Lumber Company, une société d’exploitation de bois. Il publie plusieurs booklets qui seront à l’origine du succès populaire de la légende de Paul Bunyan et de ses exploits, jusque là uniquement transmis par tradition orale au sein des camps de bûcherons. En 1922, la troisième édition des Merveilleux exploits de Paul Bunyan (The Marvelous Exploits of Paul Buynan) fait un carton au niveau mondial. L’ouvrage fait l’objet de plusieurs traductions et s’exporte d’abord en Australie et Nouvelle Zélande, puis en Chine et en Scandinavie.

La première image de Paul Bunyan voit le jour : il porte une chemise en flanelle à damier rouge et noir, caractéristique des bûcherons travaillant dans les forêts du Nord de l’Amérique ; issus pour une grande majorité d’entre eux de la vague de migration écossaise des années 1700 fuyant la domination britannique, la pauvreté et l’intolérance religieuse. Ces héritiers des Highlands ont gardé une prédilection pour le tissu tartan : à ne pas confondre avec le plaid, cette étoffe de laine à carreaux de couleurs a inspiré à Laughead le motif particulier de la chemise portée par Paul Bunyan. Ce damier rouge et noir si particulier est également appelé le Rob Roy tartan du nom du célèbre rebel hors-la-loi Robert Roy MacGregor, connu comme le Robin des Bois écossais.

Des Highlands écossais au Nord américain

D’après Gregor McCluskey, le créateur de la marque BraeVal Sporting Apparel, nous devons cette introduction du tartan en Amérique du Nord au 19e siècle à son grand oncle Big Jock McCluskey qui, à l’instar de Paul Bunyan et Rob Roy, est resté dans l’histoire comme un héros intrépide à la force herculéenne. Cet Écossais émigré au Montana, aurait importé de grosses couvertures en coton tissé (plaids) pour faire commerce avec les tribus indiennes indigènes. Dans la région, la légende voulait que la teinte rouge si profonde du tissu provenait du sang des ennemis de Big Jock McCluskey. Aujourd’hui encore, le tartan est connu comme le buffalo plaid ou buffalo check dans le Nord de l’Amérique.

Une autre histoire de la lumberjack shirt est celle du designer de Woolrich Woolen Mill. Ayant établi une filature de laine en Pennsylvanie en 1830, John Rich II avait pour habitude de se rendre en charrette dans les camps de bûcheron pour y vendre ses étoffes de laine. Quelques années plus tard, en 1850, un des premiers produits finis de la fabrique de laine fut une chemise en flanelle rouge et noire.

Qwear test de la lumberjack shirt

Des marques comme L.L.Bean, Carhartt ou Filson – qui a connu le succès en 1897 grâce à la ruée vers l’or dans le Klondike – proposent aujourd’hui une gamme de vêtements d’inspiration workwear adapté au mode de vie urbain. Parmi nos coups de cœur, d’autres labels plus petits existent comme Save Khaki, Saturdays, Post Overalls ou encore Engineering Garnement. Mais difficile de trouver un fit correct sur ce type de pièce quand sa morphologie ne correspond pas aux normes du menswear classique. Qwear test oblige : voici donc quelques exceptions qui font du bien.

C’est une bonne surprise pour les amoureux.ses de la marque : Filson propose un modèle de lumberjack shirt baptisé Alaskan, en flanelle 8-oz décliné en deux types de fit. Le petit plus : les poignets boutonnés sont réglables. De son côté, Woolrich Woolen Mills propose un modèle tout à fait similaire : la Buffalo Check Flannel Shirt est l’un des articles les plus populaires de la boutique.

Mais la vraie alternative qwear pour une lumberjack shirt, c’est le modèle Arapahoe de chez Tradlands, cousu à Fall River dans le Massachusetts. La vision du jeune label créé en 2012 par Sadie et Jeremy est la suivante : créer des pièces de vêtements d’inspiration menswear avec un fit adapté à d’autres types de morphologies. La marque est aussi très clairement queer et transfriendly et très proche de la communauté LGBTQI. Le souci du détail, la qualité et la durabilité sont les maîtres mots de leur production. Pour Sadie, il est important de pouvoir conserver le niveau d’exigence traditionnellement réservé au dressing masculin classique en le rendant accessible à touTEs.

2 Comments

  1. Pingback: Monsieur Bojangles : des bracelets outdoor et sur-mesure - Abhras » Abhras

  2. Pingback: Centreville Store : des basiques casual et du streetwear

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *