La Michael Paraboot, une icône du workwear franco-américain

La Michael Paraboot, une icône du workwear franco-américain

Reconnaissable entre toutes, la workboot Michael Paraboot est une parfait exemple de dialogue entre savoir-faire français et style made in US.

On la retrouve surtout au pied des calcéophiles japonaisES, qui vouent un véritable culte au “Made in France” et aux classiques de la culture américaine. Son attrait ? Il est parfaitement résumé par le blogueur workwear de WellDressedDad : la Michael Paraboot réunit à la fois le style, la fonction, la construction de qualité et la sagacité.

Paraboot : le plus américain des bottiers français

Tout commence en 1908 à Izaeaux dans l’Isère au pied des Alpes, dans l’atelier de Remy-Alexis Richard. La région est particulièrement réputée pour ses manufactures de chaussures, et l’affaire familiale se spécialise à la fois dans les souliers raffinés, les boots de montagne et les brodequins de travail. Le storytelling est iconique, inscrit dans l’histoire de la tradition française. Mais Paraboot est aussi et surtout le fruit d’un travail dialogique avec la culture workwear outre-Atlantique.

Nous sommes en 1927 quand la maison décide d’intégrer dans sa production des semelles américaines en caoutchouc. Une petite révolution dans le paysage bottier français, où les semelles en bois ou en cuir tiennent le haut du pavé depuis les débuts de son artisanat. Paraboot est brevetée et littéralement baptisée botte de Para, du nom du Port d’Amazonie exportateur de ce caoutchouc aussi connu comme le para rubber.

Le para rubber est un caoutchouc de première qualité, issu des arbres Hévéas de la vallée de l’Amazone. Nous devons la création de ce matériau d’exception au savoir-faire ancestral local, malheureusement pillé par la colonisation portugaise et l’industrialisation abusive de Lisbonne dès la première moitié du 18e siècle.

Historiquement avant la France et l’Angleterre, l’Amérique du Nord est le principal importateur de caoutchouc para pour la production de boots workwear et de chaussures imperméables. Alors que les produits manufacturés étaient exclusivement fabriqués au Brésil, les premières usines pionnières voient le jour aux États-Unis au moment où le fondateur de Paraboot fait le voyage dans la région. Remy-Alexis Richard peut alors apprécier la grande variété des modèles, ainsi que la qualité des finitions. Le traitement du caoutchouc brut avec du soufre, selon le procédé de la vulcanisation, donne des résultats remarquables en termes de robustesse et d’imperméabilité.

La Michael Paraboot, la work derby double usage

L’ADN workwear de Paraboot se développe et s’établit : l’alliance d’une tige en cuir et d’une semelle en gomme naturelle. C’est ainsi que l’iconique Michael intègre le catalogue de la maison dès 1945. Aujourd’hui encore, elle témoigne de la finesse du travail du cuir à la française et de la rusticité des patronages solides du workwear américain. L’origine de son design fait débat, mais son plateau en mocassin et son épaisse semelle crantée seraient inspirés d’un style des années 30, repris aussi par des marques sœurs comme Le Trappeur.

La Michael Paraboot devient rapidement le modèle phare de la nouvelle collection workwear de Paraboot. Des chaussures toujours aussi robustes, mais un peu plus légères que les brodequins destinés aux agriculteurRICEs, aux ouvrierEs ou aux bûcheronEs. Plus souples, elles sont pensées pour répondre à des usages plus polyvalents, et commercialisées à destination d’autres corps de métiers comme les architectes, les géomètres ou les vétérinaires (pour leur conformité aux normes d’hygiène).

Le cuir de la Michael est pleine fleur, solide et très gras, presque beurré. La chaussure est dotée de la fameuse semelle paracrêpe alvéolée à gros profil, épaisse, mais aussi très élastique, et renforcée avec un talon pneumatique.

On est sur un montage norvégien robuste, à triple semelle dont une intercalaire en gomme, et doté deux grosses coutures visibles :

  1. une première couture horizontale qui lie la tige et la trépointe à la première de montage, dite “norvégienne” ou de “passage en première” ;
  2. et comme pour le cousu Goodyear, une seconde couture verticale qui lie la trépointe à la semelle d’usure, dite “petits points”.

Avec ce type de montage et un cuir de qualité pleine fleur pour la tige, les chaussures sont presque indestructibles, avec des possibilités de ressemelage illimitées. Le chaussant se déforme peu et l’étanchéité est parfaite.

Quelques variations autour de la Michael

On peut faire confiance au JaponaisES pour s’approprier les modèles, les décliner dans le plus pur respect des traditions, mais avec une touche inimitable. La Michael Paraboot ne fait pas exception, et ses variations sont nombreuses. Incontournables, ses déclinaisons avec le plateau mocassin recouvert de fourrure de lapin, de caribou ou en poil de phoque font fureur.

Baptisée Tyrolienne, cette Michael est un clin d’œil : elle nous rappelle aussi que Paraboot est un équipementier de montagne, spécialisé dans la confection de boots destinées à l’alpinisme et de chaussures de varappe. Toujours au catalogue, le modèle Avoriaz était ainsi déjà produit du temps où Paraboot s’appelait encore Galibier.

Sur le marché japonais, on trouve aussi volontiers la Padre de Kleman : la parfaite sœur jumelle de la Michael Paraboot. Fondée en 1946, la maison Kleman fournissait la Poste et l’Armée françaises en chaussures de travail.

La Michael, un incontournable du vestiaire vintage

Quand on s’intéresse à un modèle aussi iconique et historique que la Michael Paraboot, il serait dommage de ne pas détailler ou même de chiner de bonnes vieilles paires vintage. Non seulement pour se faire une idée de sa patine, mais aussi pour remonter aux origines de son design si fonctionnel. En fripes vintage ou dans des boutiques spécialisées, on peut ainsi apprécier la beauté du temps qui passe et prendre toute la mesure de la qualité à toute épreuve du cuir gras et du confort souple de la chaussure.

Le workwear et les basiques vintage vous inspirent ? Ne manquez pas non plus nos décryptages du vestiaire d’Orlsow ou de Leno & Co.

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