La cosmétique naturelle pour la santé du corps et le soin du vêtement

La cosmétique naturelle pour la santé du corps et le soin du vêtement

Adopter la cosmétique naturelle, c’est prendre soin de sa santé, consommer responsable et préserver ses vêtements. Focus déodorant et parfum.


Les vêtements sont comme une seconde peau. Grâce à un bon sourcing cosmétique, nous prenons soin de notre épiderme, de notre santé, de l’environnement, mais nous préservons aussi l’intégrité et la durabilité de nos matières textiles. En contact direct avec nos vêtements, les produits cosmétiques quotidiens doivent pouvoir eux aussi respecter le cahier des charges de nos goûts pour les matières naturelles et le savoir-faire artisanal.

Dans ce domaine, on applique la même exigence pointilleuse que pour la composition d’une parka techwear ou d’un blend coton/lin : on détaille l’étiquette ! Savoir déchiffrer la liste INCI de ses produits cosmétiques est aussi indispensable que de s’intéresser au sourcing matières d’un vêtement, à ses qualités dans le temps et à ses procédés de fabrication.

La liste INCI : la base du sourcing en cosmétique naturelle

Réglementée par la Directive européenne cosmétique, la liste INCI fait l’inventaire des ingrédients contenus dans une formule cosmétologique. Elle est dûment rédigée selon les normes de l’International Nomenclature for Cosmetic Ingredients : les ingrédients sont listés en latin ou en anglais et doivent apparaître par ordre décroissant de dosage.

Une nuance importante à maîtriser, cependant : cet ordre décroissant ne vaut pas pour les ingrédients dosés à moins de 1 %, qui sont plutôt nombreux en cosmétique et peuvent donc être listés de manière opportuniste par les fabricants. Dans le commerce de masse, une huile essentielle à 0,008 % peut ainsi figurer avant un buthylparaben à 0,8 % ! Prudence est donc mère de sûreté.

Décoder rapidement une liste INCI

Sur le blog du spécialiste de la cosmétique naturelle et slow Julien Kaibeck, on trouve ce mémo pratique pour identifier plus rapidement les éléments d’une liste INCI :

  • Un terme latin : souvent pour un extrait naturel de plantes, sauf pour le Petrolatum et le Paraffinum liquidum qui sont des dérivés pétrochimiques
  • Les noms en -one : des silicones très peu biodégradables
  • Les capitales : PEG, PPG, BHT, SLS… des ingrédients peu écologiques
  • Les mentions CI : des colorants, naturels ou non
  • Les “parfum” ou “fragrance” : que du synthétique !
  • Les dernières énumérations : les allergènes qui sont des composés d’autres ingrédients comme le linalol, le geraniol ou le limonène…

Le déodorant : principal cosmétique en contact textile

Traditionnellement, les cosmétiques quotidiens qui entrent en contact direct avec les vêtements sont le déodorant et l’eau de toilette ou parfum, parmi les plus problématiques dans le commerce en raison de leur composition douteuse, et du danger qu’ils représentent pour la santé et l’équilibre hormonal.

Pour choisir un déodorant naturel qui n’agresse ni la santé, ni la peau, ni les vêtements, il faut bannir absolument de la liste INCI :

  • l’alcool et les sels d’aluminium cancérigènes et neurotoxiques
  • les perturbateurs endocriniens comme les phtalates et les muscs synthétiques
  • les conservateurs toxiques comme les parabens

Une fois passé cet examen préliminaire, il faut aussi pouvoir s’assurer que le produit contient suffisamment d’actifs pour tenir ses promesses. Petit rappel : le principe d’un déodorant n’est en aucun cas de bloquer la transpiration, essentielle pour réguler la température du corps. Pas question donc d’étouffer les pores de la peau et d’empêcher la sudation !

Appliquer un déodorant doit avoir comme but premier de neutraliser la prolifération des bactéries responsables des mauvaises odeurs. Comprendre aussi, sans chercher à les masquer avec des effluves chimiques plus écoeurantes et dangereuses les unes que les autres. On choisit donc sa solution cosmétique déodorante pour ses propriétés antibactériennes ou bactériostatiques, légèrement séborégulatrices et hydratantes.

Parmi les principaux actifs déodorants en cosmétique naturelle :

  • les hydrolats astringents comme la menthe, l’hamamélis ou la sauge
  • les extraits de plantes aux propriétés absorbantes comme le gel d’aloe verra
  • les fécules comme l’amidon de maïs, l’arrow-root ou la farine de tapioca
  • les composés minéraux comme l’argile blanche surfine, le talc (ou la pierre d’alun sous réserve de sa parfaite innocuité)
  • le bicarbonate de soude

La règle d’or en cosmétique naturelle : le principe du less is more

Un des grandes principes de la slow cosmétique, comme du slow wear : c’est de se limiter au nécessaire. Pas le strict minimum, mais le naturellement utile. Une liste INCI aussi irréprochable que minimaliste avec suffisamment de principes actifs et le moins d’ingrédients superflus possible.

Exit les soi-disantes marques cosmétiques haut de gamme et autres fausses bonnes idées de l’univers barbier ! Sur le marché de la cosmétique naturelle et bio, l’offre est suffisamment étoffée que pour sourcer une solution déodorante sans effet de manches, comme le propose les labelisés Schmidt’s Naturals à Portland, Gaiia ou  Clémence & Vivien en Nouvelle-Aquitaine. Pour être tout à fait slow et responsable, on le préfère en baume ou solide zéro déchet, plus durable et avec un packaging limité.

La preuve par l’exemple

Une comparaison rapide de produits sur base de la liste INCI permet de faire clairement la différence entre un déodorant naturel et pertinent, et un produit nocif et inutile. La grande distribution est évidemment en ligne de mire, mais il est aussi édifiant de constater que bon nombre de marques hipsters ne passent pas le test non plus.

C’est le cas, par exemple, du déodorant Aesop pourtant très prisés par les curateurs menswear les plus pointus. Parmi les 10 premiers ingrédients de la liste INCI, on retrouve trois substances extrêmement problématiques : de l’alcool, du polysorbate 80 et de l’aminométhyl propanol. Chez Schmidt, on déroule la liste naturellement avec de l’arrowroot, de l’huile de coco, de la cire de candelilla, du beurre de karité et du bicarbonate de soude. La preuve est faite, tout ceci sans compter sur la différence de prix : 27 € les 50 ml pour Aesop, contre $8.99 les 92 g pour le déodorant Schmidt.

Parfumé ou non ? C’est une question de goût et de tolérance aux huiles essentielles. Un déodorant neutre évite aussi l’effet cocktail aléatoire avec une eau de toilette ou un parfum. Côté contact textile, l’avantage d’un déodorant sans parfum, c’est qu’il n’imprègne pas les vêtements d’odeurs tenaces et surtout limite les risques de tacher les tissus fragiles. Par exemple, les essences d’agrumes sont à éviter avec les vêtements blancs ou les cotonnades de couleur claire, car ils sont riches en pigments.

Faire son déodorant maison

Dans une démarche plus poussée en cosmétique naturelle, on fait son déodorant maison en suivant des recettes spécialisées slow et bio qui équilibrent ses ingrédients naturels en fonction de leurs propriétés antibactériennes et légèrement séborégulatrices. Il existe bon nombre de formules cosmétiques déodorantes éprouvées chez les détaillants et curateurs exigeants comme Slow Cosmétique ou Aroma Zone.

Enfin, un seul principe actif peut aussi suffir pour une solution déodorante. C’est le cas du talc ou du bicarbonate de soude à appliquer simplement sous les aisselles. Si on s’oriente vers la pierre d’alun, attention que son innocuité ne doit faire aucun doute pour éviter le passage transcutané de l’aluminium qu’elle contient. Notre conseil ? Observer le principe de prudence, car rare sont les fournisseurs qui peuvent garantir cette taille moléculaire précise.

Le parfum : toxique or not toxique ?

Déodorant et parfum, même combat en cosmétique naturelle pour respecter sa santé, sa peau et les fibres textiles qui en sont imprégnées. La base des parfums et aux de toilette du circuit classique, c’est une grande majorité d’alcool auquel on ajoute différentes substances odorantes sous forme de molécules synthétiques.

Parfum ou eau de toilette ?

Par abus de langage, on parle souvent de parfum en lieu et place de l’eau de toilette. Les appellations dépendent en fait de la concentration de fragrance dans la composition :

  • 3 à 5 % : eau de Cologne
  • 5 à 8 % : eau de toilette
  • 8 à 10 % : eau de parfum
  • 15 à 30 % : parfum

La mauvaise nouvelle, c’est que, contrairement aux cosmétiques, les fabricants n’ont pas obligation à fournir la liste des ingrédients de leur formulation. En tant qu’ingrédient cosmétique, l’ensemble de ces substances parfumantes n’est en effet pas soumis à l’obligation de détail de la liste INCI, sauf exception des composés d’ingrédients allergènes.

Alors que les parfums naturels à base d’huiles essentielles sont énumérés plante par plante en latin sur la liste INCI, sous le terme parapluie de « fragrance » ou « parfum », on retrouve des dizaines, voire des centaines de molécules aromatiques de synthèse. Omniprésents, les phtalates comme le diéthyl utilisés comme agents fixateurs et les muscs synthétiques nitrés comme la galaxolide et tonalid sont fortement suspectés d’être responsables de perturbations endocriniennes.

Bref, pour faire court : un petit concentré de toxicité avec très peu d’éléments naturels. Et pour les vêtements ? Comme les fragrances contenues dans les produits lessives, les assouplissants ou les substances utilisées en pressing, les parfums cosmétiques sont eux aussi susceptibles d’altérer les fibres textiles, et à plus forte raison les matières naturelles et fragiles.

Adopter l’aromaparfumerie naturelle

Quand on s’intéresse aux alternatives offertes par la cosmétique naturelle, on a le choix entre les parfums certifiés bio et les parfums naturels constitués exclusivement d’huiles essentielles, d’essences de fleurs ou d’extraits parfumés naturels.

On les retrouve sous trois formes de conditionnement :

  1. En vaporisation, la base alcoolisée est de l’alcool naturel à 70° ou de la vodka non odoriférante, et on utilise de la glycérine végétale pour disperser les huiles essentielles.
  2. En base huileuse, on sélectionne une huile végétale comme l’huile de jojoba ou d’olive qu’on macère avec des fleurs naturelles ou qu’on infuse d’huiles essentielles. Ce procédé se rapproche de certains techniques antiques d’enfleurage à chaud.
  3. En baume solide, on part sur une base de cire d’abeille et de graisse végétale comme de l’huile de noix de coco ou du beurre de karité.

Faciles à appliquer sans asperger les vêtements à outrance, les parfums solides sont une alternative slow à privilégier. Ils sont aussi plus durables et s’inscrivent très bien dans une démarche zéro déchet.

Le champion toute catégorie des parfums solides est sans conteste Juniper Ridge qui source ses fragrances naturelles localement dans les déserts, sur les côtes et dans les montagnes entre Santa Cruz et Oakland. On aime aussi les colognes solides d’Alfred Lane manufacturées à Chicago ou celles de Fulton & Roark.

Faire son parfum solide maison

Faire son parfum solide maison est aussi une possibilité en cosmétique naturelle, mais l’art est assez difficile si on a des prétentions sur la complexité de la formulation. Il va falloir potasser sur la pyramide olfactive des huiles essentielles à équilibrer en fonction de leur note.

  1. En notes de tête, toniques et volatiles : les agrumes et les hespéridées comme le naroli, l’orange douce ou la litsée citronnée.
  2. En notes de cœur, voluptueuses et puissantes : les fleurs et les feuilles comme le lemongrass, la palmarosa ou le romarin ou encore les extraits hydroalcooliques de coco ou de fruits rouges.
  3. En notes de fonds, rémanentes et fixatrices : les bois et les molécules lourdes comme le cèdre de l’Atlas, le patchouli, le ylang-ylang, le genévrier ou l’épinette noire.

Pour 100 ml, on compte un dosage entre 80 et 100 gouttes d’huiles essentielles, avec un maximum de 6 différentes à marier entre elles. On privilégie une plus forte concentration pour les notes de tête, sans dépasser 2 ou 3 huiles essentielles pour les notes de fond et de cœur réunies.

Pratiquer la cosmétique naturelle

Pour s’inscrire dans une démarche de consommation cosmétique responsable, on recommande chaudement l’association belge Slow Cosmétique. Une vraie curation critique et très étayée qui récompense (principe de mention) les produits en fonction d’un cahier des charges strict et exigent de plus de 80 critères.

Envie de laisser tomber le superflus ? Retrouvez aussi comment ancrer la qualité dans le temps dans nos colonnes consacrées au vestiaire slowear et à l’art de la récup via des fripes et suprlus vintage.

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