Entretien, patine et waxage du coton de canevas

Entretien, patine et waxage du coton de canevas

Le waxage du coton de canevas. L’art d’apprivoiser le passage du temps avec de belles patines, la promesse d’un style workwear et outdoor authentiques.

Le coton de canevas ciré: une belle matière à patiner

Caractéristique des labels historiques type « héritage », le coton ciré est inscrit dans l’ADN workwear. Particulièrement sous sa forme dite de canevas. Connu pour sa robustesse et sa tenue, le coton de canevas est un type de toile au tissage très dense utilisé pour créer des vêtements de pluie, des sacs mais aussi des tentes et des voiles de bateaux. Matière de prédilection de maisons comme Barbour (1894) ou Filson (1897), il était à l’origine porté par les marins et dockers qui utilisaient de la graisse huilée pour imperméabiliser leurs vêtements.

Cette technique de waxage fut adaptée dès 1930 à un véritable usage pratique pour d’autres professions nécessitant des vêtements particulièrement solides et résistants aux intempéries comme les forestiers, paysans, cochers ou militaires. Traditionnellement confectionnés en Écosse, vestes et manteaux réalisés en coton ciré ont ensuite séduit, dès l’après-guerre, un univers métier étendu aux chasseurs et pêcheurs et, plus tard, un usage plus lifestyle chez les bikers, par exemple.

Aujourd’hui, le coton ciré revient en force dans l’univers workwear et outdoor. Produit très résistant et de qualité, ce type de coton et de huilage est exigent en termes d’entretien. C’est là que la magie d’une belle patine opère. Pour reprendre les mots du bottier Berlutti: en « apprivoisant le passage du temps, en respectant la profondeur qu’il pose sur les objets ».

De l’amour de l’entretien à l’art de la patine

L’avantage d’investir dans des produits de qualité, c’est qu’ils bonifient avec le temps en prenant de multiples variations de teintes, de couleurs et de contrastes. C’est ce qu’on appelle la patine, une élégance ultime offerte par le passé en devenir et la noblesse itérative du temps.

Aujourd’hui, ce retour à l’authentique en sartorialisme cultive un goût certain pour ce vieillissement des matières au point de le favoriser, de l’accélerer voire de le créer. Un phénomène qui fait autant d‘adeptes que de détracteurs, particulièrement sur le travail du cuir. Mais ce qui est acquis, c’est que la patine est devenu un art de vivre, de consommer, de restaurer, de préserver de protéger, d’entretenir, de pérenniser. Ou d’après la règle des 4 R du slow wear: de Réduire, de Réparer, de Réutiliser et de Recycler.

Le genre d’effet que l’on peut obtenir d’une patine à la cire sur du coton épais et serré est en parfaite adéquation avec ce travail du temps sur le temps: il confère ce supplément d’âme indéniable, naturel et peut s’appliquer avec élégance sur des vêtements ou accessoires tant workwear qu’outdoor. Pour autant de recourir à une cire naturelle et respectueuse de la durabilité même des produits.

Otter Wax: de la cire naturelle pour waxer le coton de canevas

Créé en 2011 à Portland (Oregon), le label Otter Wax propose une gamme de produits d’entretien naturels et durables pour textiles. Son produit phare est la cire de waxage, étudiée pour imperméabiliser et entretenir des matières comme le coton de canevas, le denim, le nylon ou encore l’étain!

C’est en souhaitant réimperméabiliser une ancienne veste Filson de son grand-père que le créateur de la marque, Chris Chase, a fait le constat accablant de la pauvreté de l’offre en matière de produits d’entretien pour les toiles cirées et les textiles en général. Tous à base de paraffine (un héritage malheureux de la révolution industrielle) et testés sur les animaux.

Farouchement opposéE à cette consommation de masse irresponsable, Otter Wax a fait le pari de fabriquer de la wax naturelle imperméabilisante à partir d’ingrédients naturels à base de plantes, de cire d’abeille récoltée à la main et de lanoline. Chris Chase aime dire qu’Otter Wax n’utilise aucun ingrédient que Cléopâtre elle-même n’aurait pas utilisé.

Waxage du coton de canevas: mode d’emploi

Comment utiliser une cire de waxage pour obtenir de belles patines et sublimer une veste, un sac ou un pantalon en coton de canevas? La technique est assez simple mais demande un certain soin à l’application. La règle d’or est de ne pas humidifier excessivement la toile.

Voici les différentes étapes à suivre pour un résultat soigné:

  • Nettoyez votre ouvrage et assurez-vous qu’il soit bien sec avant l’application de la cire.
  • Frottez délicatement la barre de cire sur le tissu, en veillant à couvrir toutes les zones de manière bien uniforme (en procédant d’avant en arrière).
  • Utilisez les côtés de la barre de cire pour atteindre les zones les plus difficiles.
  • Afin d’assouplir et d’adoucir la wax, survoler l’ouvrage à l’aide d’un séchoir (type séche-cheveux) en respectant une distance raisonnable pour ne pas brûler le travail.
  • Lissez bien la cire à la paume de la main et avec les doigts pour assurer une parfaite étanchéité.
  • Laissez reposer l’ouvrage pendant 24 heures dans une pièce froide et sèche avant toute utilisation.

Voilà de quoi assurer charme et caractère à vos plus belles pièces tout en les protégeant efficacement.

6 Comments

  1. Pingback: Bondy Jacket Ketums: la veste imperméable héritage » Abhras

  2. Pingback: Mourne Textiles, workshop de tweed irlandais texturé et tissé main

  3. Pingback: Old Joe & Co. : un peu de ramie dans ce monde de workwear brut

  4. Pingback: Moonstar Factory, l'art des sneakers en caoutchouc vulcanisé

    • Julien Nicaise-Besanger

      Bonjour,

      Merci de ta contribution. Oui assurément ; on s’est pas mal inspiré de sa technique pour l’entretien de nos propres pièces. Pourquoi ta préférence va au coton waxé ? Il n’y a pas de motard ici ; du coup, on ne demande qu’à apprendre 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *